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« Mission Impossible : Rogue Nation » de Christopher McQuarrie (2015)

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mission-impossible-rogue-nation-01Le Cruise Show à son apogée. Un divertissement irréprochable confectionné avec un talent rare par Christopher McQuarrie.

Il est tellement facile de taper sur Tom Cruise. Scientologue revendiqué, playboy à la vie personnelle rocambolesque et à l’égo surdimensionné, le bonhomme cumule les tares qui le rendent immédiatement suspect auprès d’une certaine intelligentsia. Pourtant, force est de constater que, depuis l’excellent « Mission Impossible : Protocole Fantôme » du génial Brad Bird en 2011, le p’tit gars de Syracuse s’est définitivement imposé comme un producteur de goût, sachant s’entourer d’artisans brillants afin d’offrir chaque année au public des blockbusters de qualité. « Jack Reacher » (2012), « Oblivion » (2013) et « Edge Of Tomorrow » (2014) n’étaient certes pas des chefs-d’œuvre mais, par leur écriture et leur mise en scène solides, tous tranchaient indiscutablement avec le tout-venant hollywoodien.

Ce nouvel opus de « Mission Impossible », saga entièrement dédiée à la gloire de son illustre acteur/producteur depuis près de 20 ans, ne déroge pas à cette règle. Mieux, en s’imposant sans difficulté comme l’un d’un meilleurs blockbusters de 2015, il fait figure d’apothéose de cette crédibilité artistique retrouvée. Mis en boite par Christopher McQuarrie, auteur oscarisé d’ « Usual Suspects » (1995), réalisateur du trop méconnu « Way of the Gun » (2000) et du très bon « Jack Reacher » (avec déjà le sieur Cruise en tête d’affiche, qui a eu le nez de voir en lui un talent rare), ce « Rogue Nation » comble nos attentes les plus folles.

Démarrant sur les chapeaux de roue par l’une des scènes les plus folles de la saga (le déjà culte décollage de l’A400M avec notre mégalomane préféré réellement accroché à sa carlingue), le film enchaine morceaux de bravoure sur morceaux de bravoure, avec une réelle déférence pour ses spectateurs. Cinéaste en pleine possession de son art, maitrisant la grammaire du divertissement comme peu d’entertainers en sont capables (impossible de ne pas penser au Hitchcock de « La Mort aux Trousses » et au Spielberg des « Indiana Jones », dans cette capacité rare à privilégier la crédibilité au réalisme), McQuarrie respecte le cahier des charges de la saga pour mieux y faire transparaitre son amour pour les récits d’antan, où seule comptait la jouissance simple du spectateur.

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Tom Cruise – I am the king of the world

C’est donc avec un plaisir constant que l’on se laisse porter par un scénario ultra-solide, sorte d’anthologie du film d’espionnage, remisant toute prétention au placard et assumant pleinement son statut de serial survitaminé, nous emmenant au quatre coins du monde dans une bonne humeur communicative. La connivence est totale avec le public, McQuarrie maitrisant à la perfection tous les passages imposés du genre. Corps à corps brutaux, suspens au cordeau, poursuites motorisées dantesques, duels crépusculaires… tout y est fun, lisible et brillant. Mention spéciale à une scène majestueuse, ayant pour décor l’opéra de Vienne, où le réalisateur multiplie les points de vue, maitrisant ses cadres et son découpage à la perfection, pour mieux jouer avec les nerfs de son spectateur, qui n’en demandait pas tant.

Dans cette succession ininterrompue d’orgasmes cinématographiques, le casting n’est pas en reste. A 53 ans, Cruise assure comme jamais, visiblement ravi de mouiller le maillot pour un long métrage qui ne cesse de le mettre en valeur de par sa qualité intrinsèque. Ses exploits en tant qu’Ethan Hunt trouvent néanmoins un réel contrepoint face aux agissements du personnage d’Ilsa Faust, campée par la sublime Rebecca Ferguson, dont le jeu impérial crédibilise un protagoniste ayant toujours une longueur d’avance sur l’espion star. On ne peut que se réjouir de découvrir enfin un rôle de femme utile à l’intrigue, dans une saga qui ne s’était jamais vraiment illustrée sur ce point. En ce qui concerne Simon Pegg, sidekick désormais habituel des « Mission Impossible », son incommensurable maitrise de la comédie fait mouche à chaque fois, ce grand monsieur prouvant par ailleurs, au détour d’une scène insoutenable, qu’il a tout d’un grand acteur dramatique. Jeremy Renner et Ving Rhames demeurent, quant à eux, assez sous employés, cet opus se centralisant beaucoup plus sur le personnage de Hunt, alors que le précédent était un vrai film d’équipe.

Néanmoins, ce choix n’handicape en rien un film qui réussit tout ce qu’il entreprend. Cette cinquième aventure d’Ethan Hunt se pose comme un idéal de divertissement, jamais prétentieux, qui en remet à tous les blockbusters ne trouvant leur crédibilité que par un sérieux déprimant, servant avant tout à masquer leur vacuité. Vain, « Mission Impossible : Rogue Nation » ne l’est jamais, parce qu’il rappelle à chacun que le cinéma reste avant tout une affaire de plaisir. Chapeau Tom Cruise. Chapeau Christopher McQuarrie.

« Mission Impossible : Rogue Nation  » – réalisé par Christopher McQuarrie – avec Tom Cruise, Rebecca Ferguson, Simon Pegg – sortie le 12 août 2015

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Written by critikju

août 9, 2015 à 8:27

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