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« I love you Phillip Morris » de Glenn Ficarra & John Requa (2010)

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Une comédie provocatrice et déjantée, trompant le spectateur avec panache pour mieux l’emmener sur le terrain de l’émotion. Jim Carrey et Ewan McGregor y livrent l’une des meilleures performances de leurs carrières.

Un film fou, avec un fou, réalisé par des fous, sur l’amour fou. Voilà comment pourrait se résumer « I love you Phillip Morris », comédie euphorisante décrivant le parcours incroyable (mais vrai) de Steven Russel (Jim Carrey), détenu américain condamné à 144 ans de prison. Père de famille, flic débonnaire, homosexuel décomplexé, arnaqueur professionnel, menteur maladif, Russel aura endossé de multiples casquettes. Mais il restera surtout l’éternel amant de Phillip Morris (Ewan McGregor), un doux rêveur au cœur d’artichaut, qu’il avait rencontré au cours de l’un de ses innombrables séjours dans les pénitenciers du Texas.

« […] Phillip Morris » a été un projet extrêmement difficile à monter pour ses deux réalisateurs débutants (Glenn Ficarra et John Requa). Il faut dire que son sujet, traitant d’une histoire d’amour entre deux homosexuels, sur fond de polémique sur la justice parfois partiale du Texas, l’exposait dés ses origines aux foudres de la censure. Malgré l’arrivée d’Ewan McGregor et de Jim Carrey au casting (dont ce dernier dira, à juste titre, que ce film est le plus important de sa carrière avec « Man on the Moon » et « Eternal Sunshine of the Spotless Mind »), le projet n’a finalement pu aboutir que grâce au soutien financier de Luc Besson, via sa société « Europacorp ». Etant le premier à me plaindre du bonhomme pour certaines de ses productions opportunistes, je ne peux ici que saluer son courage d’avoir accepté de participer à une telle entreprise.

Comme à leur habitude, les censeurs se sont ici trompés de cible en ne comprenant pas le réel sujet du film. Ni un hymne à l’homosexualité, ni un pamphlet politique sur la justice américaine, « I love you Phillip Morris » est avant tout un grand film sur l’identité, à la portée universelle. Par son parcours chaotique, Steven Russel nous renvoie à nos choix, à nos erreurs et aux doutes qui en découlent. Dés la première scène de l’oeuvre, en apprenant qu’il a été adopté, le petit Steven voit ses certitudes s’écrouler. Dés lors, toute sa vie ne sera qu’une succession d’arnaques et de tromperies, l’enfermant dans une spirale de mensonges, désorganisant définitivement tous ses repères. Au final, il ne trouvera son salut que dans l’amour inconditionnel qu’il ressent pour Phillip. C’est dans cette évidence que se trouve toute la beauté de ce film hors norme. Car, finalement, qu’est-ce qui nous définit en tant que personne ? Est-ce notre profession, notre place dans la société ou encore notre sexualité ? Et si c’était, tout simplement, l’amour que nous portons aux autres ?

Ewan McGregor & Jim Carrey - Je t'aime, toi aussi.

« J’aime donc je suis », tel est le message poignant de cette formidable comédie, construite à l’image de son personnage principal, brouillant les pistes avec malice pour mieux appuyer son propos. Reposant sur une réalisation vive et élégante, ainsi qu’un duo d’acteurs au sommet de leur art, « I love you Phillip Morris » est une petite merveille de drôlerie et d’émotion.

« I love you Phillip Morris » – réalisé par Glenn Ficarra & John Requa – avec Jim Carrey, Ewan McGregor, Leslie Mann – sorti le 10 février 2010

N°7 du top 2010

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Written by critikju

janvier 31, 2011 à 2:28

Publié dans Cinéma - Sorties 2010

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