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« Scott Pilgrim VS the World » d’Edgar Wright (2010)

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L’apprentissage de l’amour décrit à travers les yeux d’un geek ordinaire. Un hymne avant-gardiste et tendre à la génération des années 80.

Réalisateur des géniaux « Shaun of the Dead » (2004) et « Hot Fuzz » (2007), l’anglais Edgar Wright s’est ici attelé à l’adaptation du comic book éponyme de Bryan Lee O’Malley. Cette petite BD sans prétention narre les mésaventures de Scott Pilgrim, un jeune homme un peu paumé, confronté aux sept ex maléfiques de sa nouvelle petite amie. Avant de vivre le bonheur parfait avec cette dernière, il devra tour à tour affronter ses anciens prétendants, au cours de joutes physiques endiablées. Sur ce postulat rocambolesque, prétexte à un récit initiatique sur le passage à l’âge adulte, c’est à une véritable claque visuelle que nous invite Wright. En mêlant avec brio les codes de la bande dessinée et du jeu vidéo, tout en réussissant à les adapter au langage cinématographique, il livre ici un véritable OVNI, d’une inventivité constante. En s’imposant d’illustrer en permanence la psyché de son héros, Wright se permet toutes les audaces graphiques et narratives. Il en résulte un spectacle visuellement inédit, dont même le cinéphile le plus basé ne pourra que reconnaître l’originalité.

Certes, on peut reprocher au film un scénario parfois répétitif, qui aurait mérité plus de profondeur au vue des immenses possibilités symboliques offertes par un tel univers. Cependant, ce serait minimiser la force d’une œuvre qui, comme aucune autre auparavant, réussit à faire vivre à l’écran une culture encore trop souvent méprisée : celle des geeks, des enfants des années 80, élevés aux jeux-vidéos 8 bits, aux mangas et aux groupes de rock post-grunges. En racontant les aventures de Scott, c’est le portrait d’une génération qui se cherche encore que dépeint Wright. Une génération dont la fantaisie culturelle a parfois été sacrifiée sur l’hôtel de la raison mais qui, plus que jamais, continue d’exister. Avec lucidité, Edgar Wright lui rend ici un hommage sincère, distillant, au delà de ses brillantes digressions visuelles, une mélancolie insoupçonnée.

Mary Elizabeth Winstead & Michael Cera - Il y a un cœur derrière les pixels.

Probablement trop en avance sur son temps, ce futur film culte a injustement fait un flop en salles. Il est encore temps de vous rattraper. Prenez une pièce d’un franc, insérez là dans la borne d’arcade, dites « non » au game over et découvrez cette œuvre pas comme les autres.

« Scott Pilgrim VS the World » – réalisé par Edgar Wright – avec Michael Cera, Mary Elizabeth Winstead, Jason Schwartzman – sorti le 1er décembre 2010

N°10 du top 2010
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Written by critikju

janvier 24, 2011 à 11:23

Publié dans Cinéma - Sorties 2010

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